Le point sur...les délais de prescription

La prescription correspond au délai au-delà duquel une action en justice, qu’elle soit civile ou pénale, n’est plus recevable.

Elle joue un rôle essentiel en droit puisqu’elle permet soit :

  • d’éteindre un droit (prescription extinctive),
  • soit d’en acquérir un par le temps (prescription acquisitive).

 

Maîtriser ces délais est donc indispensable pour sécuriser ses droits et éviter toute perte de recours.

Les principaux délais de prescription

5 ans : le délai de droit commun

Le délai de prescription de référence est fixé à 5 ans.

Il s’applique notamment :

  • aux actions entre professionnels,
  • aux actions entre un professionnel et un particulier,
  • aux actions en responsabilité contractuelle ou délictuelle.

À noter : en matière de dommages corporels, ce délai est porté à 10 ans.

 

10 ans : des situations spécifiques

Un délai de 10 ans s’applique dans plusieurs cas, notamment :

  • La réparation des dommages corporels,
  • Les atteintes à l’environnement,
  • L’exécution des décisions de justice,
  • La responsabilité des constructeurs et sous-traitants (garantie décennale).

 

30 ans : les actions immobilières

Certaines actions liées à l’immobilier relèvent d’un délai plus long, fixé à 30 ans, notamment :

  • Les actions réelles immobilières (hors droit de propriété, qui reste imprescriptible).

Le point de départ du délai

Le délai de prescription ne commence pas toujours à courir à une date fixe.

En principe, il débute au moment où la personne concernée a connaissance (ou aurait dû avoir connaissance) des faits lui permettant d’agir.

Ce mécanisme, appelé point de départ “glissant”, peut donc retarder le début du délai.

Interruption et suspension : deux notions à distinguer

La prescription n’est pas toujours linéaire : elle peut être interrompue ou suspendue.

 

L’interruption

Lorsqu’elle est interrompue, le délai repart à zéro.

Cela peut notamment résulter :

  • d’une demande en justice,
  • d’une reconnaissance de dette,
  • d’un acte d’exécution forcée.

 

La suspension

La suspension, quant à elle, met le délai en pause sans effacer le temps déjà écoulé.

Elle peut intervenir notamment en cas de :

  • médiation ou conciliation,
  • procédure participative,
  • mesure d’instruction avant procès.

Après une suspension, le délai restant ne peut être inférieur à 6 mois.

Peut-on aménager les délais de prescription ?

Oui, dans certains cas, les parties peuvent adapter contractuellement les délais :

  • en les réduisant (minimum 1 an),
  • ou en les allongeant (maximum 10 ans).

Toutefois :

  • Cette possibilité est interdite dans les relations entre professionnels et consommateurs,
  • Elle ne s’applique pas à certaines créances (salaires, loyers, pensions alimentaires, etc.).

Les règles spécifiques au droit de la consommation

2 ans pour les actions des professionnels

Les professionnels disposent d’un délai de 2 ans pour agir contre un consommateur concernant les biens ou services fournis.

 

Garantie légale de conformité

Le consommateur dispose également de 2 ans pour agir en cas de défaut de conformité d’un bien.

Quelques points importants :

  • La garantie couvre toute la durée du contrat en cas de fourniture continue,
  • La présomption de défaut est de 24 mois (12 mois pour un bien d’occasion),
  • Une extension de 6 mois est accordée après réparation du bien.

Prescription ou forclusion : quelle différence ?

La forclusion est plus stricte que la prescription.

Lorsqu’un délai est fixé “à peine de forclusion” :

  • il ne peut pas être suspendu ou interrompu librement,
  • passé ce délai, le droit est définitivement perdu.

Une limite maximale à ne pas dépasser

Même en cas de suspension ou d’interruption, la loi prévoit une limite :

Le délai total ne peut pas excéder 20 ans à compter de la naissance du droit, sauf exceptions (notamment en matière de dommages corporels ou d’environnement).

Ce qu’il faut retenir

  • Les délais de prescription varient selon la nature des actions (2 ans, 5 ans, 10 ans ou 30 ans),
  • Le point de départ peut être différé selon la connaissance des faits,
  • Les délais peuvent être interrompus ou suspendus,
  • Certaines règles spécifiques s’appliquent en droit de la consommation,
  • Une vigilance particulière est nécessaire pour ne pas perdre ses droits.

 

Chez ECA, nous accompagnons nos clients pour anticiper ces délais, sécuriser leurs démarches et préserver leurs intérêts en cas de litige.

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